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Un enjeu qui dépasse la collectivité territoriale

Par Babacar Mbaye

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Ce scrutin du 23 janvier concerne les mairies et départements. Mais de ses résultats dépendront des carrières, des destins politiques, aussi bien pour la majorité que pour l’opposition.

Elections locales. Enjeu national. On ne peut le refuser : Ce n’est pas anodin si Ousmane Sonko a martelé dans L’Info d’hier : « Si on ne peut pas gagner en 2022, ce n’est pas la peine de penser qu’on peut gagner en 2024. » Et dans Benno bokk yaakaar, des candidats affirment que cette élection est celle de Macky Sall. Parce que, justement, s’il est bien question de choisir un maire au suffrage universel direct, cette fois-ci, il sera également question de voter pour ou contre le régime. Pour ou contre celui qui l’incarne, Macky Sall.

Il y a donc comme un air de 2009 et tout est possible à Dakar, comme aux temps de la coalition Benno siggil senegaal. Le Parti socialiste, l’Afp, l’Apr et autres avaient alors réussi à imposer au Président Abdoulaye Wade une cohabitation à Dakar, Saint-Louis, Kaolack, Louga, Fatick… A l’arrivée de Macky Sall en 2012, le maire socialiste, Khalifa Sall, a préféré consolider son pouvoir local.

Sous la bannière de Taxawu Dakar, et contre la ligne de son parti, il est confirmé maire de Dakar après avoir fait main basse dur 16 des 19 communes du département en 2014. Macky Sall aussi a eu sa « cohabitation » ! Ces Locales étaient d’autant plus un test national, que même si Khalifa Sall ne contrôlait rien en dehors de la Capitale, le pouvoir présageait déjà une éventuelle invasion des autres localités. Et c’est ce qui expliquerait ses déboires politico-judiciaires. Ce dimanche aussi, l’enjeu pour l’ancien maire de Dakar, c’est de poursuivre la cohabitation. Et du côté de la majorité, avec Diouf Sarr, Macky Sall veut enfin mettre la main sur la Capitale. Même si, aux autres élections, il a pu devancer l’opposition. C’est dire que, même si on joue Locales, on pense aussi national.

Taux de participation : l’inconnu

Il restera l’autre inconnu : la participation. Pour des élections locales, rarement, le taux a atteint les 40%. En 2014, le taux d’abstention était de 63%. Pour ce dimanche, plusieurs facteurs interviennent : l’absence d’engouement, une campagne noyée par la Coupe d’Afrique des nations ou encore le spectre de violence le jour du scrutin, qui s’est accru ces derniers jours, en dépit des appels au calme et de proposition de charte de non-violence.

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