Les Bleus fêtent leur succès en Ligue des nations Crédit : Getty Images
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Ligue des nations : Soldats d’exceptions, champions à réaction

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La France a fait le dos rond, a plié et même cassé. Mais c’est le moment qu’elle a choisi pour se relever et renverser la table. Dimanche, les Bleus ont remporté la Ligue des Nations face à l’Espagne (2-1) et montré qu’ils étaient toujours mués par un orgueil XXL. DD n’a peut-être pas trouvé la solution miracle à tous les maux bleus mais il peut compter sur de sacrés soldats.

LE JEU : DE L’HORIZONTALITÉ À LA VERTICALITÉ

Didier Deschamps a voulu tenter le coup. Passer son 3-4-3 au crash test de l’Espagne et de sa possession quasi-monopolistique. Le sélectionneur national a donc lancé dans l’arène quasiment les mêmes que jeudi, sauf Lucas Hernandez, remplacé par Presnel Kimpembe, et Adrien Rabiot, positif au Covid et suppléé par le prometteur Aurélien Tchouaméni.
 
Comme prévu, les Bleus ont dû se plier à une discipline de fer, alternant entre pressing haut et phases plus attentistes, avec une individualisation du marquage au milieu. Ils ont subi en première période, mais n’ont pas concédé une seule occasion, tout en s’en procurant une, par Benzema. Mais, globalement, ont manqué d’inspiration dans l’utilisation du ballon, réduite au néant lors de la deuxième moitié de la première période.
 
Ce fut à peine mieux au retour des vestiaires, jusqu’au but espagnol qui a sonné la révolte bleue. Et le match est devenu bien plus vertical, d’un coup, faisant les affaires des Bleus, assurément. Beaucoup moins à l’aise dans cette configuration, les Espagnols ont perdu le fil jusqu’à laisser filer un match qu’ils avaient jusqu’ici dominé.
 

LES JOUEURS : BENZEMA FAÇON BALLON D’OR, PAVARD LA TÊTE DANS LE SAC

Paul Pogba mais surtout Karim Benzema ont secoué des Bleus complètement hors-sujet pendant une heure à l’image d’un Benjamin Pavard à la dérive et d’un Dayot Upamecano toujours aussi fébrile. Kylian Mbappé s’est réveillé au moment opportun tout comme un Hugo Lloris une nouvelle fois capital. Voici les notes de l’équipe de France.

LE FACTEUR X : L’HEURE DE JEU BLEUE

C’est devenu un classique de l’année. Il se passe souvent des choses surréalistes autour de l’heure de jeu avec les Bleus. Souvenez-vous de la Suisse, du penalty stoppé au doublé de Benzema (57e, 59e). Souvenez-vous de la Belgique, et des deux buts signés Benzema et Mbappé (62e, 69e). Vous vous souviendrez désormais de l’enchaînement barre – but espagnol – lunette de Benzema, entre la 64e et la 66e minute.

LA STAT : 1

La dernière fois que les Bleus étaient venus à Milan, Raymond Domenech n’avait pas été autorisé à s’asseoir sur le banc, parce qu’il était suspendu. Mais les Bleus s’en étaient pas trop mal sortis (0-0), mieux qu’à l’accoutumée en Lombardie. Parce qu’en général, la France perd à Milan. Que ce soit face à l’Italie ou… la Bulgarie, en barrage de la Coupe du monde 1962. Pour la première fois, elle a gagné sur la pelouse de Giuseppe-Meazza.

LA QUESTION : LES BLEUS SONT-ILS MIRACULÉS ?

Deux buts de débours face à la Belgique, jeudi. Un de retard et un ballon qui a fui leurs pieds pendant une heure, dimanche. Et pourtant, les Bleus de Didier Deschamps ont remporté la deuxième Ligue des Nations de l’histoire, du côté de Milan. On ne va pas se mentir : revenir sur les talons de l’Espagne dans la foulée de l’ouverture du score doit plus au talent individuel d’un homme qu’au travail collectif d’une équipe qui a longtemps évolué sur un fil. Paradoxalement, c’est quand celui-ci a cassé que la haute couture française a réparé les dommages. Par Benzema. Puis Mbappé.
 
Mais de la dernière demi-heure, on retiendra aussi et surtout que les Bleus ont posé leurs empreintes et leurs grosses papattes dessus, donnant enfin à la partie le sens qu’ils souhaitaient, alors que le précipice leur tendait les bras. Et là, ce n’est pas l’Espagne qui a déjoué, comme la Belgique jeudi. Mais les champions du monde qui ont mis le pied sur le ballon et pris la main.
Si les Espagnols ont fait la pluie et le beau temps durant l’essentiel de la première heure de jeu et imaginaient avoir fait le plus dur en ouvrant le score, les Français ont prouvé qu’ils étaient toujours et encore mués par la même envie de gagner. A ceux qui fantasment ou le regrettent, il faut le dire, ou le répéter : les Bleus ne sortiront jamais le ballon comme l’Espagne, ne feront jamais de la possession un préalable à leur expression. Non, la France de Didier Deschamps est une équipe qui privilégie la fin aux moyens.
 
A un peu moins de quatorze mois du Mondial 2022, à un petit mois d’un France – Kazakhstan qui devrait officiellement envoyer les Bleus au Qatar, Didier Deschamps n’a pas remporté le plus grand titre de sa carrière. Mais il ne peut que ressortir renforcé de cette séquence qui a montré que ses Bleus ne tendent pas l’autre joue quand ils prennent une gifle. DD a gagné du temps, beaucoup de temps. Qu’en fera-t-il ? A-t-il trouvé le système idoine ? Peut-être. Peut-être pas. Mais une chose est certaine, il peut toujours et encore compter sur des soldats d’exception et leur orgueil. Et cela, ça vaut tous les systèmes du monde.
 
 
 
 

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