Jovenel Moïse a été mortellement touché dans l'attaque, a déclaré le Premier ministre / Reuters
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Le président haïtien Jovenel Moise a été tué dans une attaque à son domicile

Par Babacar Mbaye

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Le président haïtien Jovenel Moïse est tué et sa femme blessée dans une attaque contre leur maison à Port-au-Prince, la capitale du pays.

Des hommes armés non identifiés ont pris d’assaut la propriété à 01h00 heure locale (05h00 GMT), a annoncé le Premier ministre par intérim, Claude Joseph.

Il appelle au calme, affirmant que “toutes les mesures ont été prises pour garantir la continuité de l’Etat”.

Jovenel Moïse, 53 ans, était au pouvoir depuis 2017 après la démission de son prédécesseur, Michel Martelly.

Mais il avait fait face à de vastes manifestations exigeant sa démission.

M. Joseph a qualifié la fusillade contre le président d'”acte odieux, inhumain et barbare”, précisant que les assaillants parlaient “anglais et espagnol”. Il n’a pas donné d’autres détails.

La première dame Martine Moïse est soignée à l’hôpital mais son état reste flou.

La femme de M. Moïse, Martine (à gauche), est blessée dans l’attaque / Getty images

“Un crime horrible”

Selon lui, la situation dans ce pays pauvre des Caraïbes est sous contrôle, ajoutant : “la démocratie et la république vont gagner.”

Les rues de la capitale semblaient en grande partie vides mercredi matin, mais des questions subsistent quant au degré de contrôle que M. Joseph peut exercer dans une nation en proie à l’instabilité politique et à la violence des gangs.

La République dominicaine voisine a ordonné la “fermeture immédiate” de sa frontière avec Haïti.

Le Premier ministre britannique Boris Johnson a tweeté qu’il était “choqué et attristé par la mort de M. Moïse”, la qualifiant d'”acte odieux” et appelant au calme. La Maison Blanche a qualifié le meurtre de “crime horrible”.

Un mandat mouvementé

Le temps du président Moïse au pouvoir est mouvementé, car il fait face à des accusations de corruption et des manifestations de grande ampleur ont eu lieu dans la capitale et dans d’autres villes plus tôt cette année.

L’opposition haïtienne soutient que le mandat de cinq ans de M. Moïse aurait dû prendre fin le 7 février 2021, soit cinq ans jour pour jour après le départ de M. Martelly.

Mais les élections ont été retardées d’un an après le départ de M. Martelly, et M. Moïse a insisté sur le fait qu’il disposait d’une année supplémentaire pour exercer son mandat, puisqu’il n’a pris ses fonctions que le 7 février 2017.

Les élections législatives auraient dû avoir lieu en octobre 2019, mais des différends les ont retardées, ce qui signifie que M. Moïse a gouverné par décret.

En février de cette année, le jour où l’opposition voulait qu’il quitte le pouvoir, M. Moïse annonce qu’une tentative de le tuer et de renverser le gouvernement avait été déjouée.

Haïti est confronté récemment à une vague de violence des gangs et d’enlèvements, en particulier dans la capitale, dont plusieurs quartiers sont devenus des zones interdites.

L’instabilité chronique, les dictatures et les catastrophes naturelles ont fait de ce pays, qui compte 11 millions d’habitants, l’une des nations les plus pauvres des Amériques.

La détérioration du niveau de vie a poussé près de 60% de la population sous le seuil de pauvreté.

Le tremblement de terre de 2010 a tué plus de 200 000 personnes et a causé d’importants dommages aux infrastructures et à l’économie.

Une force de maintien de la paix de l’ONU a été mise en place en 2004 pour aider à stabiliser le pays, et ne s’est retirée qu’en 2017, mais les troubles n’ont montré aucun signe de fin.

 

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