Leonardo Bonucci exhulte après la qualification de l'Italie face à l'Espagne Crédit : Getty Images
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L’antisèche d’Italie – Espagne : un régal pour un Finaliste pas banal

Par Babacar Mbaye

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Malmenée par une équipe d’Espagne dominante, l’Italie a réussi à se qualifier pour la finale à la faveur des tirs au but (1-1, 4-2 aux t.a.b). Franchement emballante, la confrontation entre les deux équipes a encore montré que cette Nazionale, sans être infaillible, avait réponse à tout. Jusqu’à quand ? Notre antisèche. (Eurosport)

LE JEU : UN RÉGAL TECHNIQUE, UN DUEL TACTIQUE

On s’attendait à une Nazionale électrique. Le courant ne sera passé que dix minutes en première période. La faute à une Espagne franchement sereine dans la sortie de balle et habile au moment de prendre le contrôle du match. Comme au temps de sa splendeur, la Roja a d’abord maîtrisé les débats techniquement, mais a aussi manqué d’une mèche suffisante devant pour déclencher l’étincelle. Jusqu’à l’entrée d’Alvaro Morata et d’une verticalité enfin trouvée.
 
En face, avec un duo Jorginho-Verratti muselé, l’Italie n’a fait que subir les événements pendant de longues minutes. Avant que la foudre ne sorte du pied de Federico Chiesa sur une séquence bien plus directe. Au final, cette demie aura été un régal, avec un niveau technique très propre et une bataille tactique qui a tenu toutes ses promesses. Le tout accompagné d’une pointe de suspense final, propre des grandes affiches.

LES JOUEURS : CHIESA-PEDRI, LES STARS DE DEMAIN ÉTAIENT DÉJÀ LÀ

Si ce match a tenu toutes ses promesses, c’est qu’ils ont été nombreux à prendre la lumière. Exceptionnel de justesse, Pedri aurait mérité d’être mieux entouré devant pour faire fructifier sa facilité déconcertante, à 18 ans seulement. Aymeric Laporte, très intéressant à la relance, et Sergio Busquets ont largement rempli leur part du contrat. Hyperactif et très séduisant, Dani Olmo a raté son tir au but, tout comme Alvaro Morata, pourtant buteur après son entrée en jeu.
 
Côté italien, le duo Insigne-Chiesa a su se mettre en valeur quand il le fallait. Bluffant de ténacité, l’ailier de la Juventus a encore prouvé qu’il faudrait compter sur lui dans les années qui viennent. Eux sont là depuis bien plus longtemps, mais le duo Chiellini-Bonucci n’a pas pris une ride dans sa capacité à gérer les temps faibles des siens. Auteur de parades importantes et décisif sur le tir au but de Morata, Donnarumma a confirmé son excellent Euro.

LA STAT : JAMAIS DEUX FOIS DE SUITE

L’Espagne pensait pouvoir enchaîner ? C’est raté. Après avoir défait la Suisse aux tirs au but, la Roja s’est pris les pieds dans le tapis de l’histoire. Aucune équipe n’a réussi à enchaîner deux séances fatidiques dans un même Euro. Malheureusement pour la Roja, la malédiction continue.

LA QUESTION : L’ITALIE MÉRITE-T-ELLE SA PLACE DE FINALISTE ?

Oui, mille fois oui. Le scénario du match pourrait laisser penser l’inverse, face à une Espagne globalement supérieure mais encore brouillonne dans les trente mètres adverses. Alors, l’Italie a dû s’adapter au contexte du match. Exit le foot en folie entrevu jusqu’ici, place au froid réalisme et à la cynique beauté des tirs au but.
 
Éteinte collectivement avec le ballon, la Nazionale a répondu avec ses armes. Il parait que les grandes équipes sont celles qui trouvent les bonnes réponses. Face à l’Autriche, la solution est venue du banc. Face à la Belgique, elle a inversé le rapport de force pour prendre les clés du jeu et ne jamais les lâcher. Face à l’Espagne, elle a rendu le trousseau sans avoir trop le choix. Mais elle est encore là, à force de résilience et de confiance en sa capacité à subir sans rompre.
 
Dimanche, c’est donc une dixième finale de grande compétition qui attend la Nazionale. De ses glorieuses devancières, l’Italie n’a peut-être pas la grandeur défensive passée ni la qualité offensive portée par certaines légendes retirées. Elle n’a pas de joueur à même de changer seul le destin des matches. Mais elle possède tellement de vertus collectives qu’on voit mal qui arrivera à lui poser des problèmes insolubles. Pour l’instant, tout le monde s’est cassé les dents…

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