Plusieurs capitales occidentales ont multiplié ces dernières semaines les expulsions de diplomates russes, sur fond d'autres accusations d'espionnage, de cyberattaques ou d'ingérence électorale. (Reuters) / lesechos.fr
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La Russie sanctionne plusieurs hauts responsables européens

Par Babacar Mbaye

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Pour protester contre les sanctions infligées en mars dernier par l’Union européenne (UE), la Russie a mis sur sa liste noire plusieurs hauts responsables de l’UE, vendredi 30 avril, dont le président du Parlement européen. Une décision “inacceptable», selon les 27. (Avec courrierinternational)

Œil pour œil, dent pour dent. Le ministère russe des Affaires étrangères a décidé vendredi de sanctionner huit responsables européens – en leur interdisant notamment l’accès au territoire russe – en guise de représailles contre les mesures similaires adoptées par l’UE en mars à l’encontre de hauts dirigeants russes.

“Le ministère a souligné que Bruxelles avait ignoré les propositions de Moscou visant à résoudre les problèmes actuels par le dialogue”, assure l’agence Tass. “L’UE poursuit sa politique de sanctions unilatérales et illégitimes contre des citoyens et organisations russes”, a justifié le ministère.

Le site russe indépendant Meduza rappelle que les premières sanctions de l’UE contre des responsables russes avaient été imposées le 2 mars, “en réponse à l’empoisonnement de l’opposant politique Alexeï Navalny”. Une deuxième salve avait été annoncée le 22 mars, contre des responsables de la république russe de Tchétchénie “pour leur implication dans la répression de militants LGBTQ et les assassinats” d’opposants politiques.

Parmi les responsables européens sanctionnés, figurent le président du Parlement européen David Sassoli, la vice-présidente tchèque de la Commission européenne Vera Jourova, le procureur allemand Jörg Raupach et le député français Jacques Maire, rapporteur spécial sur l’empoisonnement de Navalny auprès du Conseil de l’Europe.

“La Russie n’a donné aucune explication sur le choix des personnes visées”remarque la Deutsche Welle, mais la figure d’Alexeï Navalny plane incontestablement sur ce ping-pong politico-diplomatique.

“Inacceptable et sans fondement”

“Sassoli et Jourova ont critiqué le Kremlin pour son traitement de Navalny et les campagnes de désinformation en ligne”, précise ainsi la radio allemande. Et la liste noire de Moscou comporte également Asa Scott, responsable d’un laboratoire suédois qui avait confirmé les conclusions des scientifiques allemands sur l’empoisonnement de Navalny.

Les institutions européennes – Parlement, Commission et Conseil – ont réagi d’une seule voix, vendredi, qualifiant les sanctions d’“inacceptables” et “sans fondement”, et avertissant qu’elles visaient “directement l’Union européenne, et pas seulement les individus concernés”selon The Guardian.

Les 27 “se préparent désormais à prendre de nouvelles mesures contre la Russie, nouvelle étape dans la détérioration continue des relations ces derniers mois”, remarque le quotidien britannique.

L’édition européenne de Politico reproduit pour sa part le commentaire “ironique” de Mme Jourova, en charge des valeurs de l’UE et de la transparence au sein de la Commission. “Je veux apporter mon soutien à toutes les autres personnes qui ont été sanctionnées aujourd’hui. Je suis ravie d’être en si bonne compagnie”, écrit-elle.

“Je continuerai à me battre pour les droits humains, la liberté de la presse et la démocratie”, ajoute-t-elle. “Les efforts constants de la Russie pour semer la désinformation et porter atteinte aux droits humains méritent une réponse forte et continue. Si c’est le prix de la vérité, alors je suis heureuse de le payer”.

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