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Faut-il continuer à regarder la télévision au Sénégal ?

Par Magatte GAYE

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La plupart d’entre nous connaissent le triptyque classique de la télévision : informer, éduquer et divertir. Ces 3 piliers de base, qui faisaient l’essence du petit écran, sont aujourd’hui remis en cause. Maintenant, la télé ne s’est assigné qu’un seul rôle : participer à « l’abrutissement » des téléspectateurs. Rien que ça ! Prenez votre télécommande et vérifiez par vous-mêmes…

Attention aux trompe-l’œil, ces semblants d’émissions animées par des anges reconvertis en sociologues spécialistes des faits divers. C’est leur « wareef », dira-t-on. Autant dire que c’est la plus grosse arnaque du siècle. Nos médias nous gavent de programmes crétinisants qui font la promotion d’hurluberlus, dignes progénitures de « Mania », et se permettent de poser des débats sur les comportements dépravants de la jeunesse. N’y a-t-il pas paradoxe ?

Nous ne nous en rendons pas compte mais, comme le disait Bourdieu, : « La télévision a une sorte de monopole de fait sur la formation des cerveaux d’une partie très importante de la population.” Nous sommes devenus des marionnettes du petit écran sans le savoir. Aujourd’hui, la télé a cette possibilité, malgré vous, de faire entrer dans votre salon des gens que vous n’aimeriez pas recevoir chez vous, des gens que vous n’aimeriez pas que vos enfants fréquentent dans la rue.

Chez nous, la télévision est devenue l’arbre à palabres où se donnent rendez-vous des donneurs de leçons et des adeptes du « journalisme de discussion » pour s’engager dans une logorrhée sans format. Les « nouvelles stars de la télé » ont volé la vedette à la vraie star, la télévision. Maintenant, on ne regarde plus la télé, « la télévision nous regarde, nous épie, nous interroge, exploite nos faiblesses, nous hypnotise, nous effraie. » Malheur ! Nous avons cette manie de mélanger torchons et serviettes, animateurs et journalistes, chroniqueurs et faiseurs de malin,…

Chez nous, 12 personnes peuvent périr dans de violentes manifestations, la télévision (publique) considérera que c’est un « chien écrasé », toute la rédaction ferme les yeux pendant 3 jours et hop ! On passe. Mais il suffit qu’on écrase le chien du président, pour qu’on ait droit à une édition spéciale qui peut durer une année, avec des chroniques sur la relation que le « guide suprême » entretenait avec son chien, nanani nanana…, la honte servie par des soi-disant professionnels.

Si aujourd’hui, des gens sortis de nulle part font du journalisme un pis-aller, c’est parce que « des gens de la télé » ont lancé un message biaisé aux téléspectateurs : « Si vous avez une belle gueule, une bonne voix et l’art de tromper les gens, vous êtes faits pour la télé ». Ils ont tout faux…

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