Sergio Busquets et Giorgio Chiellini veulent mener leur sélection vers une première finale depuis neuf ans / Crédit : Getty Images

Euro 2020 – Italie – Espagne : vers la renaissance italienne ou une reconquista espagnole ?

Par Babacar Mbaye

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Mardi à Wembley, l’Italie et l’Espagne ouvrent le Final Four anglais de l’Euro avec une demi-finale que peu avaient vu venir. La Nazionale et la Furia Roja visent une première finale internationale depuis neuf ans. L’Italie de Roberto Mancini, emballante depuis le début du tournoi, part favorite face à une Espagne qui, sous la houlette de Luis Enrique, se relève de tout jusqu’ici. (Avec Eurosport)

Inséparables à l’Euro. Pour la cinquième fois en quatre championnats d’Europe, Italiens et Espagnols vont croiser le fer mardi avec l’objectif commun de rallier la finale de ce tournoi. Une finale qui leur fait défaut depuis neuf ans et cette claque 4-0 infligée par la Roja aux Azzurri en 2012, au Stade Olympique de Kiev. Le récital ukrainien était à la fois le pinacle et le chant du cygne de l’exceptionnelle génération menée par Xavi et Iniesta. Si elles ont respectivement mangé leurs lots de claques dans la figure et de renouveaux avortés ces dernières années, les deux nations veulent frapper un grand coup et montrer que le phénix des grandes sélections finit toujours par rejaillir de ses cendres.
 
Quoi qu’il arrive, le finaliste de cette partie du tableau sera une surprise qu’on n’avait pas prévue au début de cet Euro si particulier il y a trois semaines et demie. Quand la Squadra Azzurra semblait partir de trop loin pour jouer autre chose que les trouble-fête, l’Espagne était elle prise entre le manque d’identité de son groupe et les déboires liés au Covid. Mais force est de constater que les deux sélections ont su faire leur bout de chemin pour rallier Londres, sans prétention et avec l’humilité des équipes en (re)construction.

L’ITALIE DISCRÈTE ET IMPRESSIONNANTE…

Dès le départ, l’Italie a refusé un trop-plein d’ambitions, comme par anticipation. Là où les Bleus ont fini par s’écrouler sous le poids d’une pancarte de “favoris ultimes” qui ne leur allait pas si bien au teint finalement, la sélection italienne a fait preuve d’une discrétion bienvenue, menée par un leader charismatique, Roberto Mancini, sûr de ses forces et des capacités de son équipe. Dans l’ombre médiatique, elle s’est épanouie.
Forts de leur série d’invincibilité (32 matches, un record national), les Italiens ont produit un jeu séduisant et efficace dans ce tournoi, sans jamais totalement oublier leur ADN. On l’a vu en fin de match contre la Belgique, quand il a fallu grappiller toutes les secondes possibles pour s’arroger le précieux trésor qui leur tendait les mains. Grâce à la cohabitation entre l’éternel duo de chiens de garde Bonucci-Chiellini et la talentueuse jeunesse incarnée par Donnarumma, Barella ou encore Chiesa, l’Italie peut désormais y croire, et a les certitudes pour.

…FACE À UNE ROJA PERFECTIBLE MAIS AMBITIEUSE

Des certitudes, l’Espagne n’en a ni dans le jeu ni dans sa capacité à réagir à l’adversité. Toujours opposée jusque-là à des équipes qui lui semblaient inférieures sur le papier, la Roja n’a pourtant gagné qu’un seul de ses cinq matches après 90 minutes. Fulgurante par moments, mais toujours très friable, la sélection de Luis Enrique continue d’avancer, sans jamais réussir à convaincre, à la manière du Portugal de 2016. Mais elle avance, et à ce stade-là de la compétition, c’est souvent l’essentiel.
 
Sur la route de Londres, les Espagnols ont survécu deux fois aux prolongations, preuve que le groupe sans leader incarné a peut-être plus de force morale qu’on ne pouvait l’imaginer. La nation ibérique, qui est loin d’avoir retrouvé son niveau du triptyque 2008-2010-2012, a tout de même récupéré son métronome Sergio Busquets, installé dans l’entrejeu par Luis Enrique avec le “niño” Pedri à ses côtés, et se présente avec un plein de confiance assumé. “Il faut gagner cet Euro“, s’est même enorgueilli le héros du quart de finale Unai Simon. Sans refroidir les ardeurs du jeune gardien basque, il faudra aussi pour cette Roja assumer le poids d’une heure supplémentaire de jeu, et des déplacements à Saint-Pétersbourg, Copenhague et donc Londres, tout ça en moins d’une semaine.

SANS FANS, LA FÊTE SERA UN PEU GÂCHÉE

Dans cet Euro où le coronavirus et les voyages forcés à travers toute l’Europe n’auront pas aidé à fédérer les populations et leurs sélections, le Wembley Stadium risque de ne pas donner l’ambiance que sa jauge élargie de 60 000 personnes devait garantir ce mardi soir. Les supporters italiens et espagnols étant interdits de pénétrer sur le sol anglais sans une quarantaine d’au moins cinq jours, c’est donc un public majoritairement britannique qui garnira les sièges du mythique stade londonien, au grand dam du sélectionneur italien, qui a crié à “l’injustice” pour les fans.
 
L’opposition sportive est en tout cas très prometteuse entre Italiens et Espagnols. La Nazionale, sans être habituellement une nation de dynastie, veut faire de 2021 l’année de son succès majeur, quinze après son sacre mondial en Allemagne. L’Espagne veut elle montrer pour sa part qu’à ce niveau d’exigences, la manière importe peu, car seul le résultat compte. Être de nouveau, après avoir été : voici la mission de la Squadra Azzurra et de la Roja à l’aube de cette première demi-finale qui, si elle manquera peut-être de chaleur ibérique ou transalpine dans les tribunes, promet une ambiance folle dans le Sud de l’Europe mardi en fin de soirée. Pour nous Français, reste à savoir si elle sera de l’autre côté des Alpes ou des Pyrénées…

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