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Au Sénégal, l’insécurité, comme la corruption, règne partout et dans tous les domaines d’activité

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Aujourd’hui, l’insécurité est la chose la plus partagée au Sénégal, parce qu’elle est présente dans tout le pays. Elle est devenue générale pour avoir envahi tout le pays. Mais, malheureusement, l’État n’en a pas pris conscience ni de la mesure exacte de l’ampleur ni de la gravité de la situation. Et il en est de même pour les populations qui ne mesurent pas aussi cette insécurité à sa juste dimension. Il faut dire que la cause de cette insécurité est essentiellement due à une absence d’autorité d’un État négligeant qui est peu ou pas, suffisamment, préoccupé par cette question de sécurité en général, et publique en particulier. En outre, l’on constate le défaut d’une puissance publique forte et compétente qui prend à bras-le-corps la sécurité publique et intervient toujours rapidement et au moment opportun. Oui, l’État du Sénégal, dans ce domaine, est déliquescent. Il a perdu effectivement toute la puissance publique que la constitution lui a déléguée pour gouverner le pays et assurer la sécurité des populations sur l’étendue du territoire national.  Mais voilà qu’il n’est même plus en mesure de jauger avec exactitude le degré de gravité de la situation de l’insécurité dans le pays. Et depuis la survenue de l’alternance, le pays connaît une recrudescence du banditisme et la violence donc, dégradation inquiétante de la sécurité publique. Et cette négligence délibérée, de l’État devant cette insécurité qui se généralise, a l’air d’une démission des autorités de leurs charges et responsabilités nationales en matière de sécurité publique.

Oui, en raison de négligence coupable, le Sénégal s’installait progressivement dans une insécurité globale sur l’ensemble du territoire national, mettant en danger les populations. Donc, cet état d’insécurité n’augure évidemment pas, les prémisses d’une paix sociale permanente à laquelle rêve et aspire tant le peuple sénégalais. C’est-à-dire une paix et une sécurité sociale globale qui permettraient au peuple sénégalais de pouvoir s’atteler tranquillement aux tâches urgentes de développement économique et social. Et en plus de l’insécurité généralisée, viennent s’ajouter les conditions de vie précaires intenables que le pouvoir impose aux populations sénégalaises qui sont  contraintes à les supporter. Au vu de ce que nous vivons présentement, l’État est incapable d’endiguer l’insécurité présente partout dans le pays, par faute de moyens nécessaires suffisants, mais aussi par manque de volonté politique et choix prioritaire. Cette situation d’insécurité qui prévaut est au fond imputable à l’État qui ne déploie pas les forces de sécurité publique suffisantes, nécessaires et professionnelles pour combattre l’insécurité qui plane sur les paisibles populations sénégalaises et faire disparaître totalement ses causes.

Mais pourquoi, donc, le problème d’insécurité si préoccupante qui sévit au Sénégal de façon permanente, l’État ne peut pas lui apporter une juste solution adéquate ? Ou alors, s’agit-il d’un problème d’efficacité dans les mesures prises et la démarche de lutte, d’incompétence des autorités dans l’application du commandement, etc. ? Ou bien le Sénégal a-t-il cessé d’être une République dans laquelle il existe des lois et règlements qui répriment, sans exception, tous ceux qui les enfreignent ou contreviennent ? Autrement dit, au Sénégal, la force ne reste-t-elle plus à la loi ? Dans tous les cas, les Sénégalais ont légitimement le droit de savoir pourquoi l’État ne prend pas en charge et n’assume pas pleinement leur sécurité. Les Sénégalais doivent réclamer au pouvoir en place, des réponses précises à toutes ces questions brûlantes, parce que la loi le leur donne droit. Car, Les Sénégalais ont constaté aujourd’hui que les hors-la-loi agissent en maîtres absolus dans tout le pays. En fait, ces derniers ne rencontrent pratiquement aucune difficulté, parce qu’ils ne sont pas combattus vigoureusement avec les armes qu’il faut. Dans tous les cas, les nombreuses victimes de vols et d’agressions, de ces malfaiteurs, à travers le pays, qui opèrent librement de jour comme de nuit et à visage découvert, ne me démentiront pas. Les populations sont affligées de voir, des bandes, de malfaiteurs, d’agresseurs, de voleurs à main armée, de gourous avec leurs milices violer impunément les lois, au vu et au su des autorités, sans être punis.  

En outre, les Sénégalais, impuissants, assistent également médusés aux viols de leurs enfants et femmes par des individus dépravés en liberté. De tels actes sont aujourd’hui banalisés par la justice sénégalaise et même devenus une monnaie courante. Oui, parce que les délinquants de tels forfaits sont souvent impunis sinon punis par des peines d’emprisonnement légères, si toutefois ils ne sont pas acquittés au bénéfice du doute. Tous ces actes et vices ignobles ont depuis l’avènement de l’alternance, pris de l’ampleur dans le pays avec des proportions inquiétantes. Et paradoxalement malgré cette très grave situation, les autorités n’ont jusque-là pas jugé nécessaire de prendre des mesures radicales pour réprimer les délinquants de cette espèce.

La situation sécuritaire étant particulièrement préoccupante, l’État devrait nécessairement prendre des mesures particulières en vue d’une solution radicale, c’est-à-dire impliquer toutes les forces nationales de défense. Normalement, les forces de sécurité et de défense nationale prises ensemble doivent pouvoir trouver les mesures adaptées pour mettre en déroute les malfaiteurs qui sèment l’insécurité dans le pays. En règle générale, si l’État doit assigner aux forces de défense et de sécurité une tâche précise spécifique en fonction de son domaine de compétence pour rétablir la sécurité dans le pays. Oui, la combinaison et conjugaison des efforts de toutes les forces de défense permettront de combattre efficacement et venir à bout de l’insécurité publique. Mais à la condition que le pouvoir fasse, réellement, de la sécurité des populations, une priorité centrale. L’insécurité est devenue ambiante au Sénégal et en train d’embraser le pays avec le risque de le placer dans une atmosphère d’insécurité totale. Pour éviter d’en arriver là, il devient nécessaire voire exigeant de coaliser toutes les forces de défense contre les forces du mal afin de restaurer pleinement la sécurité publique.

L’impuissance actuellement, de l’État devant cette situation inquiétante d’insécurité est délibérée ou alors, c’est la démission de ce dernier devant ses obligations républicaines par son attitude passive de laisser-faire. Et cette insécurité est discriminatoire, parce qu’elle concerne que les populations sénégalaises, dans la mesure où ceux qui gouvernent disposent d’une protection sécuritaire excessive assurée par les forces de défense. Ce que, les Sénégalais, dans leur écrasante majorité, fustigent, déplorent, se plaignent et se demandent, à juste raison, au nom de quoi.

Cependant, il est évident que si tous les effectifs des forces de défense nationale que le Sénégal dispose se coalisaient pour combattre l’insécurité à l’intérieur du territoire, ils parviendraient à l’éliminer en peu temps. Mais en vérité, pour ceux qui nous gouvernent, la sécurité des populations sénégalaises n’est, pas à leurs yeux ni une préoccupation majeure ni une priorité. Alors que cette question fondamentale, pour les États sérieux et responsables, devrait bien figurer, parmi leurs préoccupations principales, comme une question épineuse de priorité majeure à résoudre avec une ferme volonté politique. Mais, hélas ! malheureusement le pouvoir en place n’est pas de cet avis.

L’insécurité est dans le bâtiment aussi et tous les secteurs d’activité au Sénégal.

Il est, certes, vrai que le Sénégal est en chantier au regard de l’expansion dans le secteur du bâtiment. Mais pour dire vrai et être objectif, il faut signaler que dans le bâtiment tout se fait aussi quasiment dans le non-respect du code de l’urbanisme et l’autorisation de construire. En fait, cette expansion se fait de manière générale, dans l’anarchie et la non-transparence, puisque dans la plupart des cas, les règles les plus élémentaires d’urbanisme et d’architecture ne sont pas observées. En vérité dans le secteur du bâtiment tout défie la normalité et se fait presque dans l’illégalité une corruption inégalable. Mais ce que l’on ne dit pas, aux Sénégalais, à propos du bâtiment, c’est le secteur qui recueille le plus l’argent sale et fait disparaitre rapidement ses traces dans la nature. En effet, les Sénégalais voient partout au Sénégal, surtout à Dakar, de majestueux immeubles s’ériger. Ils appartiennent à des promoteurs privés qui fructifient par ce biais leur argent dont la provenance est bien un tabou. Et tous ces immeubles de luxe et de rapport exclusivement sont destinés à la location donc loin de création d’emplois massifs. Alors, sous cet angle, c’est clair les promoteurs, comme, tout bon capitaliste, ne visent que leurs profits et, agissent donc à l’envers d’un développement économique et social inclusif. Et tout ce micmac se fait au vu et au su  du pouvoir flemmard  et au nez et à la barde d’un l’État peu vigilant qui ne se préoccupe  que de jouir des délices du pouvoir et en laisse faire tout ce qui ne le dérange pas. Alors, qu’un État républicain, sérieux et préoccupé par l’intérêt général serait intervenu pour bien examiner et orienter le sens de l’investissement. En effet, l’État aurait pu influencer pour que soient édifiés, en lieu et place, des hôpitaux, usines, écoles, habitations sociales pour les Sénégalais moyens. Mais, hélas !

Ces jours-ci, un immeuble s’est effondré encore pour cause de non-respect des règles s’ajoutant aux nombreux autres avant. Le secteur compte plusieurs accidents et tous sont dus pour les mêmes raisons, c’est-à-dire généralement pour mal façonnage. Ces accidents auxquels nous sommes, souvent, confrontés nous coûtent avec regret des morts d’hommes en plus des importants dégâts matériels. Oui, les tares et indisciplines sénégalaises que nous avons soulignées mainte fois, prennent de l’ampleur avec les pouvoirs successifs et aucun d’entre eux ne s’évertue à les corriger bien au contraire. Celui-là qui s’est proclamé et vanté d’être le premier informel du pays a surtout aggravé et empiré les choses. C’est ainsi que la corruption, négligence, le laxisme et le laisser-aller, etc. se sont accentués pour devenir les caractéristiques du service des Domaines comme de l’urbanisme. Donc, en matière d’autorisation, de surveillance, contrôle et de suivi des constructions en cours, l’État laisse faire ou fait le mort lorsqu’il s’agit des gens proches du pouvoir.

En conséquence, tous ces services cités sont devenus des portes ouvertes à la corruption et les responsables, dans une large mesure des dérives qui surviennent dans le secteur du bâtiment, à savoir les accidents et les autres catastrophes qui s’y produisent. Toutes ces catastrophes surviennent du fait de non-respect des normes exigées par le code de l’urbanisme. C’est ainsi que l’on dénombre beaucoup de maisons et d’immeubles qui s’effondrent avant ou peu après leur finition. L’obligation préalable d’une autorisation de construire n’est plus respectée et moins encore suivie de sanction en cas de défaut. Il en est de même pour la surveillance stricte par les services techniques habilités de l’urbanisme des chantiers en cours afin de veiller au respect strict des normes de construction.

Aujourd’hui, l’ensemble de ces mesures préventives ou préalables n’est plus qu’une simple formalité que des usagers ne respectent même plus actuellement. Mais de telles fautes si graves et inadmissibles de l’administration préjudiciables à la sécurité publique doivent être dénoncées, les auteurs et leurs complices sévèrement sanctionnés. Tous ces graves manquements participent pour  beaucoup aux catastrophes qui surviennent dans le bâtiment. Le fait que l’État ferme les yeux et tolère l’absence d’autorisation de construire sans sanctionner sévèrement les contrevenants, est délibérément un acte grave de complicité, synonyme d’encouragement à la violation de la loi. Surtout, lorsque certains délinquants entrevoient et envisagent la possibilité d’une éventuelle régularisation. Alors que dans de pareils cas, c’est l’application de la loi dans les règles de l’art et avec rigueur les sanctions prévues dans les cas d’espèce.

Et pourtant selon la loi en vigueur, toute construction exécutée, illégalement, c’est-à-dire hors des normes exigées par le code de l’urbanisme et révélerait des vices de construction, doit être détruite. Oui, parce qu’un tel édifice constitue un danger public potentiel. Par conséquent, son propriétaire ayant enfreint la loi doit être du reste, sanctionné et quel qu’il soit par ailleurs. En principe, les sanctions prévues pour défaut d’autorisation de construire peuvent aboutir la destruction totale des constructions en cause. Par conséquent, le mutisme observé par l’autorité, jusqu’à présent sur toutes ces graves anomalies, est une tacite autorisation déguisée qui cache une corruption ou complicité de l’État.

Au demeurant, pour éviter que de telles pratiques ne se pérennisent, il est impératif que les sanctions prévues, en la matière, par les textes réglementaires en vigueur soient rigoureusement appliquées à tous les délinquants sans aucune exception. En tout cas, l’application, avec célérité des sanctions prévues à l’encontre des hors-la-loi, pourrait certainement bannir de telles pratiques dans ce secteur. Et la sécurité publique serait certainement mieux assurée dans le secteur bâtiment. Il nous est fréquemment annoncé l’effondrement d’immeubles et de maisons un peu partout dans le pays, parce que justement ils sont bâtis hors normes, ce qui occasionne toujours des accidents avec des victimes innocentes, comme c’est le cas, ces jours-ci, à Keur Mousseu. Et tous ces accidents ont presque les mêmes causes, c’est –à-dire la violation des normes de sécurité, d’urbanisme et l’absence de surveillance et de contrôle des services techniques de l’État. Et ce sont là les principales causes de ces fréquents accidents. Des accidents qui sont même devenus maintenant banals, parce que l’État jusque-là ne prend aucune disposition préventive pour leur trouver une solution radicale définitive. Et tous ces risques sont des dangers imminents auxquels les populations sont confrontées, surtout celles qui vivent dans les environs et ne se doutent de rien.

Aujourd’hui, une simple vérification, de routine des autorisations de construire sur une centaine de constructions, dans la région de Dakar révélerait un nombre impressionnant de violations scandaleuses de la loi. Et la majorité des contrevenants serait parmi ceux qui gouvernent le pays et leurs amis. En vérité ces violations ont toujours existé, mais elles nous étaient cachées. D’ailleurs, certains promoteurs immobiliers proches du pouvoir débutent, leurs travaux de construction voire les finissent sans autorisation de construire des services compétents habilités. Généralement, ceux qui violent ces dispositions de la loi sont des responsables dans l’État ou intouchables alliés du pouvoir. Et lorsque les incriminés sont interrogés sur leur défaut d’autorisation invariablement, ils rétorquent : ce n’est pas grave, je vais faire la régularisation après. Alors que l’autorisation de construire est un préalable indispensable au début des travaux donc ne doit souffrir d’aucune absence. Mais, ce sont les services compétents qui devaient, en cas de défaut d’autorisation sévir en mettant un terme aux travaux en cours qui n’assument pas convenablement leurs responsabilités pour des raisons obscures. Alors que le service aurait dû prendre des mesures pour arrêter, après sommation, les travaux. Hé oui, c’est cela qui est conforme aux lois et règlements en vigueur, lorsque de tels cas sont constatés. Mais, hélas !

Voilà que l’État, malgré des fautes avérées de certains responsables, s’abstient de prendre des sanctions à l’encontre de ces hors-la-loi et délinquants en col blanc. Ce phénomène, de violation des codes ou d’incivisme, est l’apanage ou le privilège des nantis qui sont prêts corrompre les agents. Ce phénomène de violation est très fréquent dans les zones résidentielles prisées par les responsables de l’État qui y élisent leur domicile. Pour en avoir la preuve, il suffirait simplement de faire un tour dans les quartiers comme les Almadies, Sacré Cœur, le littoral, la zone maritime, en un mot, partout à Dakar. En fait, il existe dans notre pays, une catégorie, de personnes privilégiées, qui se considère comme n’étant pas tenue de respecter les lois de leur pays. Oui, car, pour elles, la loi est faite pour l’autre, à savoir précisément, le citoyen lambda.

Au total, l’insécurité au Sénégal est globale, parce qu’elle est présente partout et dans les secteurs d’activité. C’est ainsi que l’insécurité se révèle à tous les niveaux de notre société. On peut en citer comme : la circulation routière actuellement, les agressions et les meurtres délibérés, le chômage chronique particulièrement de la jeunesse, la santé précaire de la majorité des citoyens démunis dépourvus de moyens pour se soigner correctement. Et les inégalités sociales constituent aussi, une menace sécuritaire à l’endroit des populations exclues ainsi que bien d’autres causes qui enfantent l’insécurité publique.

 

Dakar, le 30/01/2021

Mandiaye Gaye

Mandiaye15@gmail.com

 

 

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