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25 Mars 2012 – 25 Mars 2022 : Une Sale Décennie !

Idrissa Fall Cissé Usman Noreyni Gueye

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Népotisme, détournement de deniers publics, surfacturation, reniements, mépris de classe, recul démocratique…

Citer tous les scandales de Macky SALL est une tâche ardue tant ils sont nombreux et plus grossiers les uns que les autres. Pendant la campagne en 2012 et même durant les premiers mois de sa sombre gouvernance, Macky SALL avait promis de réduire le mandat de 7 à 5 ans. Lui-même disait : « Je ne ferai pas un mandat de 7 ans, c’est moi qui me suis engagé à le réduire à 5 ans et je tiendrai parole ». Engagement qu’il a répété à 12 reprises dans 7 villes différentes. Ce qui revient donc à dire que, même s’il bénéficiait d’un second mandat, on serait aujourd’hui à la veille de la passation de pouvoir entre lui et son successeur. Que nenni !

Le Président Macky Sall est l’incarnation de la duplicité. Sa parole est faible, et ses convictions aussi. La nomination de son frère, les professions de foi sur la démocratie, la transparence, l’émergence, l’autosuffisance alimentaire en sont de parfaits exemples. En clair, la parole de Macky SALL ne vaut pas mieux que celle de George Costanza. Elle fond comme du beurre, car elle n’est que leurres.

Ces 10 années passées avec Macky SALL sont douloureuses. Les Sénégalais vivent toujours sous les eaux troubles de la pauvreté, les denrées de première nécessité n’ont cessé d’augmenter, l’inflation aussi, la vie est chère, le taux de chômage atteint des niveaux insoupçonnés, le Sénégal de l’intérieur souffre pendant que les investissements de luxe pullulent entre Dakar et Diamniadio, déjà macrocéphale. Ironie même du sort : au moment où il casque monnaies sonnantes et courantes pour un forum de l’eau, des Sénégalais souffrant de stress hydrique ne cessent d’augmenter.

Ces investissements, même s’ils ne sont ni prioritaires ni nécessaires parfois, auraient pu être rentabilisés et améliorés. Malheureusement, la beauté de ces infrastructures nous a coûté la peau des fesses.

D’Air Sénégal au BRT (Bus Rapid Transit) en passant par le TER (Train Express Régional), l’autoroute à Péage et les autoponts, tous ces projets se sont réalisés dans la rapine et le brigandage. La corruption, la concussion et le détournement sont des pratiques endémiques durant cette décennie. Le tout dans une impunité crapuleuse.

Des appels d’offres au montage juridique en passant par le cadrage institutionnel et le transfert de technologie, tout dans cette décennie a été scandaleux. Une décennie sombre et vicieuse. Une décennie de corruption, de transhumance, de mal gouvernance, de népotisme, de violations flagrantes des droits humains, de recul démocratique, une décennie de libéralisme et de capitalisme violents.

Quid des nombreux rapports produits par les corps de contrôle contre les apparatchiks de l’ex-régime (Wade), du régime Macky, et contre lui-même :
– Le rapport de l’Inspection Générale de l’Etat (IGE) ayant épinglé Baila WONE, ex-Directeur Général de la LO.NA.SE ;
– Le rapport de l’IGE interdisant la signature du décret d’approbation du contrat pétrolier de Petrotim ;
– Les scandales de Racine SY au King Fahd Palace (les audits de la caisse de sécurité sociale) ;
– Le scandale au ministère de l’hydraulique impliquant le beau-frère du Président, Mansour Faye ; les rapports de l’ARMP, de SECURIPORT, de l’OFNAC ayant respectivement épinglé l’ancien Directeur Général de la Poste, Ousmane NGOM et l’entreprise de Loum DIAGNE, ainsi que le Navire pétrolier Olinda (Samuel SARR) ayant coûté au Sénégal 9 milliards de Franc CFA. N’oublions pas le rapport de l’Office National de lutte contre la Fraude et la Corruption de 2015 qui avait clairement mentionné dans sa recommandation 5 de « relever de ses fonctions, Cheikh Oumar Hann pour entrave à l’exécution normale d’une mission de vérification et prendre toutes les mesures utiles pour qu’il ne lui soit plus confié la resposabilité de diriger un organisme public. »

À cette longue liste de manigances financières et économiques, s’ajoute une autre liste d’arrestation, de condamnation et d’exil forcé.
Dès son accession à la présidence, Macky SALL a installé une judiciarisation de l’espace politique. D’éminentes têtes sont tombées à cause du « lawfare », technique machiavélique et injuste devenue une religion chez Macky Sall. La réduction de l’opposition à sa plus faible expression a été partout sa croix de bannière et son leitmotiv de liquidation orchestrée par un pouvoir judiciaire périclitant. Macky moy buur di buumi, chez le temple de Thèmis.

Petit rappel sur les plus tonitruantes arrestations des différents hommes politiques :

– Karim WADE pour enrichissement illicite en 2013 ;
– El Hadji Amadou SALL pour offense au chef de l’Etat en 2013 ;
– Bara GAYE pour offense au chef de l’État en 2014 ;
– Samuel SARR pour offense au chef de l’Etat en 2014 ;
– Toussaint MANGA et cie pour participation à une manifestation interdite en 2015 ;
– Aïda NDIONGUE pour malversations financières en 2015 (devenue sa militante)
– Mouhamadou Lamine MASSALY coupable d’injures publiques ;
– Adama Gaye pour offense au chef de l’état
– Oumar SARR (devenu Ministre) pour faux et usage de faux et diffusion de fausses nouvelles en 2015 …
– Khalifa Sall pour une sordide affaire de détournement de fonds publics.

Tout ce package de mal-gouvernance et d’insuffisance de résultats nous pousse à dire que Macky a été faussé par sa soif de vengeance et d’humiliation de ses opposants. Il a carrément plus enfilé la tunique d’un chef de parti que d’un Chef d’État, confondant dangereusement les intérêts politiciens et les intérêts républicains. L’APR a été un appareil inféodé ostensiblement à l’État, à tel point que l’omniprésence a désacralisé l’institution républicaine.

Il urge de sauver désormais le soldat solitaire et errant qui ne veut pas décidément capituler sur la question du troisième mandat. En atteste sa volonté, inter-apr, d’écraser tout dissident ou concurrent gênant et, extra-apr, de valider tout billet de liquidation de l’opposition.

Idrissa Fall Cissé
Usman Noreyni Gueye

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